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17 Décembre 2007 COMMUNIQUE DU CLEEE ([1])
Le CLEEE se félicite quà loccasion du vote intervenu le 11 décembre dernier à lAssemblée Nationale ait été enfin reconnu le fait que la réversibilité totale du choix des consommateurs délectricité était le meilleur moyen de rendre effective louverture du marché.
Il regrette en revanche que lévidence de ce fait ne soit apparue quau bénéfice des ménages, car ce constat vaut tout autant pour les consommateurs professionnels délectricité.
Depuis sa création, en mai 2006, le CLEEE appelle avec insistance lattention des pouvoirs publics français comme celle des autorités de Bruxelles sur les spécificités du marché de lélectricité, dont louverture à la concurrence ne peut seffectuer au bénéfice des consommateurs que si elle est encadrée.
La possibilité de revenir à des tarifs réglementés lorsquil apparaît que les prix proposés sur le marché libre connaissent des dérives excessives est la meilleure garantie dun bon fonctionnement de ce marché.
La création du tarif réglementé transitoire daménagement du marché (TRTAM) par la loi Energie du 7 décembre 2006, répond, certes, en grande partie, aux attentes exprimées à cet égard par les consommateurs professionnels.
Mais la mise en place du TRTAM na été décidée quà titre provisoire. Sa reconduction dépendra des conclusions du rapport que le Parlement doit établir fin 2008, voire début 2009 si lon en croit les propos tenus par le représentant du Gouvernement mardi soir à lassemblée.
Les 3600 sites industriels passés au TRTAM, et qui représentent 72% de la consommation des clients professionnels en offre de marché, considèrent une telle reconduction comme dautant plus nécessaire que les tensions constatées sur les marchés de lénergie en Europe ne font que saggraver. Cest donc une part très importante de la compétitivité nationale qui se trouverait menacée par la non-reconduction de ce dispositif essentiel à la survie des sites concernés.
Le TRTAM nétant plus applicable après le 31 décembre 2008 (pour les premiers sites ayant demandé le bénéfice de ce dispositif), le risque est grand pour les entreprises de se retrouver début 2009 sans solution face à des prix de marché qui atteignent des records historiques ([2]).
Aussi, afin déviter ce risque, tout en laissant le temps nécessaire aux parties prenantes pour mettre en place une solution pérenne ([3]), le CLEEE demande que soit décidée dès à présent la prolongation du TRTAM jusquau 30 juin 2010 ([4]). --------------------------------------------------------------------------------
[1] Comité de Liaison des Entreprises ayant exercé leur Eligibilité au marché libre de lElectricité Le CLEEE regroupe des entreprises grandes consommatrices délectricité dans des domaines aussi divers que les télécommunications (TDF, France Télécom), la filière automobile (FIEV), les transports (Geodis), lhôtellerie (Accor), lagro-alimentaire (Grands Moulins de Strasbourg, Groupe Soufflet, ...), les matériaux de construction (Basaltes, SA Roy, Kerneos), la sidérurgie (Wheelabrator), la grande distribution (PERIFEM, pour : Auchan, Carrefour, Casino, Cora), les semi-conducteurs (ATMEL) ... [2] Le « ruban » (« baseload ») 2008 atteint désormais 65 €/MWh, soit 65% de plus que la part énergie du TRTAM ! Cette hausse reflète celle des hydrocarbures qui ninterviennent pourtant, rappelons-le, que pour moins de 10% dans la production française délectricité. Lécart de plus en plus important entre coût de production et prix de marché justifie plus que jamais le maintien dun dispositif de régulation. [3] Différents acteurs du marché, consommateurs et producteurs, étudient dès à présent des solutions pour « laprès-TRTAM ». Ces solutions devront concilier ouverture du marché, prix reflétant pour le consommateur la spécificité du mix énergétique français à 80% dorigine nucléaire, et maintien aux producteurs de marges suffisantes pour leur permettre de financer leurs programmes dinvestissement. [4] Le 30 juin 2010 est la date fixée à ce jour pour la fin de réversibilité pour les particuliers. |